Turia Dungarees
Couture, Pattern review

[ Salopette ] Turia ou pas

Comme convenu dans mon dernier article sur la salopette-jupe Rydell, je reviens aujourd’hui pour vous reparler salopette et plus précisément de Turia, une salopette pantalon de la marque indépendante Pauline Alice.

Ah, Turia… Je ne crois pas qu’il y ait un autre projet couture qui m’est apporté autant de satisfaction et de déception à la fois !

Nota : les photos prises et présentées ici laissent vraiment à désirer au niveau de la qualité. Très mauvaise gestion de la lumière surtout, elles sont complètement cramées ! Nan mais quelle idée de les prendre à midi, l’heure la pire pour les photos. En plus, au contraire de d’habitude, je ne regarde pas l’objectif et c’est fou ce que j’ai l’air d’être heureuse d’être là… Comme ça, j’aime pas l’étape photos ?!? 😉 Bref. On essayera de faire mieux la prochaine fois…

Beaucoup de satisfaction d’abord !

La salopette, c’est un vêtement qui m’évoque l’enfance et l’insouciance, mais aussi un vêtement cool et relax à enfiler sans se poser de questions pour un dimanche au jardin ou pour siroter une mousse fraîche au bord du lac. Un vêtement que je voulais rajouter depuis longtemps à mon vestiaire casual.

Turia, ce fut le coup de foudre au premier regard, un gros crush patron comme j’en connais peu. Sa coupe, ses détails comme évidemment ses multiples poches, son look, les différentes versions aperçues par ici et par là, tout me séduisait dans ce modèle. Comme d’hab, j’ai mis un temps fou à m’y mettre. J’ai lu tous les articles de blog la concernant, regardé toutes les photos pour essayer de me projeter. Et un jour (près de deux ans après sa sortie), c’est venu et c’est devenu irrépressible. Il me fallait Turia, tout de suite, maintenant.

TURIA12J’ai pris un plaisir fou à la réaliser : j’ai tout donné dans les surpiqûres, les poches… Je me suis appliquée et franchement, j’ai adoré coudre Turia. Les instructions sont comme d’habitude avec Pauline Alice très claires, très faciles à suivre. Un bonheur à coudre !

Seulement voilà…

Et un peu de déception quand même…

J’ai aussi commis une série d’erreurs sur ce modèle, ce qui fait qu’aujourd’hui, je boude complètement cette salopette. Je ne la porte que très très rarement (peut-être une ou deux fois depuis sa réalisation au début du printemps) et elle risque d’être du prochain désencombrement vestiaire… Tant d’application pour rien. Dommage !

Et donc, ces erreurs ?

TURIA13Erreur de débutante

Je ne sais pas ce qui m’a pris (l’excitation ? le manque de temps ? l’impatience ? la flemme ?) mais je n’ai pas fait de toile. Quoi ? Comment ? Qu’est-ce qu’on me souffle dans l’oreillette ? Moi qui vous rabâche à longueur de billets l’importance de faire une toile (pour celles et ceux qui ne savent pas ce que c’est, une toile est une réalisation « à blanc » dans un tissu peu cher qui permet de visionner le vêtement sur soi et de voir quelles seraient les modifications à faire sur la version définitive), oui, moi, j’ai pris la décision de ne pas faire de toile et de couper illico presto dans mon beau tissu. Je dois dire que cela longtemps que cela ne m’était pas arrivé, une telle précipitation. Et à chaque fois, finalement, cela ne loupe pas.

Pas de toile = grosse cata…

Je le redis donc encore une fois pour celles qui auraient la flemme et l’impatience de ne pas faire de toile : si vous voulez éviter les déconvenues, faites une toile, même rapide pour juger du modèle et des éventuelles modifications à effectuer. C’est du temps gagné au final et surtout beaucoup de déceptions évitées !

Erreur de casting

Je me suis complètement précipité dans le choix de mon tissu. J’avais ce joli denim acheté dans l’une des seules chouettes boutiques de tissus de Bienne (la grande ville à côté de la maison), assez fin dans lequel je voulais couper une Arum pour l’été (j’aurais du, j’aurais du…). Le tissu est beaucoup trop fin pour une salopette : il marque absolument tous les défauts du cuissot (bouh, l’amas de gras dans un coin…) et aussi beaucoup trop clair pour ne pas mettre en évidence ce que l’on essaie de camoufler habituellement, à savoir les hanches, les fesses, etc. Il marque aussi les dessous, le tee-shirt rentré… Alors c’est vrai que je suis un peu fâchée avec mon corps en ce moment (même si ça va beaucoup mieux) comme je l’expliquais dans mon article Grungy Aubépine, mais il ne faut pas en rajouter une couche non plus.

Se faire ses vêtements pour se sentir bien, belle et désirable, oui. Se faire ses vêtements pour accentuer ses défauts et se renvoyer ses complexes dans la tronche, non. Nan mais !

TURIA5Erreur d’appréciation

A l’achat du patron, pas un moment je me suis posé la question : « Est-ce que ce modèle pourrait convenir à ma morphologie en 8 ? ». Le modèle me plaisait, je l’ai acheté. C’est tout. Punto basta.

Un achat coup de coeur, sans réflexion approfondie sur le modèle. Dommage car je crois qu’il n’y a pas pire comme coupe pour ma morpho légèrement curvy…

J’ai la taille fine, des hanches rondes, une poitrine généreuse. Le modèle gomme la taille et la coupe relativement droite du pantalon (ni moulant, ni large) accentue justement les hanches. En plus, comme je n’ai pas fait de toile, je n’ai pas vu qu’elle était beaucoup trop courte pour ma taille ! Je peux la retrousser un peu le bas pour donner un peu de structure mais bon cela ne suffit pas à être vraiment seyant.

Bref, vous l’aurez compris, c’est un peu l’échec…

Choix de la taille et réalisation

Pour ne pas trop appesantir sur ce sentiment d’échec peu agréable pour vous chers lecteurs et pour moi, quelques mots sur la réalisation en tant que telle et je le répète : j’ai eu beaucoup de plaisir à réaliser cette salopette ! Son problème, c’est juste que la coupe n’est pas adaptée à ma morphologie et que j’ai fait un mauvais choix de tissu.

Taille choisie

J’ai fait une taille 44 élargie au 46 pour les hanches. Même sans toile, j’ai quand même eu cette présence d’esprit ! Le 42 (ma taille habituelle) aurait été vraiment trop trop petit.

TURIA17Surpiqûres façon jeans

J’ai réalisé plein de surpiqûres doubles sur les poches avec un cordonnet blanc (technique de couture jeans).

C’est très simple et absolument génial à réaliser : il suffit simplement de remplacer votre fil du haut par un cordonnet (fil plus épais et solide qu’un fil de couture classique que vous pouvez trouver en mercerie) de la couleur souhaitée (le choix est quand même large même si moins étendu que pour les fils classiques) et de laisser votre canette avec le fil « normal » en bas. Ensuite, il faut élargir un peu le point (ici 4 mm) à votre convenance et de faire des essais sur une chute pour trouver la bonne tension entre les deux fils. Peut-être devrez-vous également prendre une aiguille un peu plus large pour que le fil du cordonnet passe dans le chas. Pour plus de précision, vous pouvez aussi tracer toutes vos lignes de surpiqûres au stylo friction pour des coutures bien droites. Pour les réussir, il n’y a qu’un truc : prendre son temps !

Petite astuce supplémentaire donnée par Heather Lou, la prêtresse des patrons de jeans de Closet Case Patterns : si vous voulez vous simplifier la vie, ne pas changer tout le temps les fils de votre machine et que vous avez la chance d’avoir deux machines, vous pouvez aussi « monter » une deuxième machine dédiée aux surpiqûres avec canette fil « normal » + fil du haut cordonnet.

TURIA14Quelques bémols

Même si j’ai beaucoup aimé réaliser ce patron, j’aurais néanmoins deux petits bémols à vous remonter si vous souhaitez la réaliser.

Les poches pour les grandes tailles en premier lieu.

Les poches sont les mêmes que vous fassiez un 34 ou un 46 et esthétiquement, c’est un peu étrange. Par exemple, les deux poches « fesses » sont carrément minuscules pour une fesse 44/46 ! En les voyant, mon homme m’a dit : « alors là, non, c’est carrément pas beau et ça fait beaucoup ressortir les fesses… Déjà que le modèle n’est pas très seyant… » 🙁 Je les ai donc décousues tout de suite. Les poches côtés : elles restent assez étroites pour une silhouette 44/46. Si je devais la refaire (ce qui n’arrivera pas), j’élargirais toutes les poches homothétiquement pour les faire grandir avec la taille de la salopette, même celle de la bavette qui avec le recul et en regardant les photos me paraît carrément trop petite.

TURIA18Le deuxième bémol, ce sont les finitions de l’intérieur du haut, sur les côtés, après les bretelles.

Peut-être est-ce moi qui n’ai rien compris (ce qui est tout à fait possible !) ? Toujours est-il que la finition des côtés est un peu light : il est conseillé de replier une seule fois le côté et de cranter… Mon tissu s’effiloche donc complètement malgré la double  surpiqûre à cet endroit. Si je devais à nouveau la réaliser, peut-être je poserais un biais sur les côtés pour la finir mieux ou bien une parmenture ? Enfin, à mon sens, il a quelque chose à améliorer à cet endroit.

Pour finir, je n’ai posé qu’une seule fermeture éclair sur le côté et non deux comme préconisé.


Recap

Modèle : Turia, salopette de Pauline Alice, disponible en français, anglais et espagnol en PDF et patron pochette à respectivement 8€ et 14€

Taille choisie : 44 jusqu’aux hanches et 46 ensuite

Ajustements : aucun car pas de toile réalisée

Point vestiaire et style : on ne va pas revenir sur ce point, je vous ai tout dit plus haut !

Budget : 45€ de tissu (2m de denim fin à environ 22,5€/m) + 10 € de fournitures (2 boucles de salopettes, fil à coudre assorti, cordonnet, fermeture éclair) + patron pochette (14€) = 69€


J’espère que je ne vous ai pas trop déprimé avec cet article mi-figue mi-raisin. Même si c’est moins sympathique à lire que les articles ultra positifs, je trouve que c’est aussi intéressant de parler de ses semi-échecs, de ses plantages pour avancer et progresser. Non ?

Sinon, je n’en ai pas encore fini avec le sujet salopette ! Il me reste encore un modèle à tester : Paloma, la salopette short de Wear Lemonade. Et après, si cela ne me va pas, j’arrête avec cette lubie salopette-pantalon…

A tout bientôt pour de nouvelles aventures handmade !

Bises

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5 Commentaires

  • Répondre Mai 2 juillet 2016 à 16 h 28 min

    Merci pour cet artcile objectif (comme d’habitude!). Tu confirmes ce que je craignais pour la morpho (la mienne est plutôt en A mais j’aurai le même soucis pour les hanches sans doutes) ; à voir si je tente quand même une toile ou si je revends le patron direct. J’espère que tu seras plus satisfaite de ta prochaine cousette! Bon weekend

  • Répondre Viodely 1 juillet 2016 à 11 h 42 min

    Merdasse, merdasse, merdasse… tu m’entends jurer là ? j’ai craqué sur ce modèle en la voyant sur Annie Coton (ben oui elle est belle chez elle)… et là bah gros gros doute.. j’allais la tailler en 42 (en fait elle est découpée en 42… juste le patron hein !) car je fais un 42 et je ne fais jamais de toile (ouiiii je sais c’est pô bien du tout)… quand je vois tes mensuration et la taille faite bah je vois que je vais droit au plantage… tout cela me donne à réfléchir… moi je voulais une version short por cet été (quoi quel été ? comment ça c’est l’automne ??? gnarfffff)… Bon ben je vais réfléchir pfffff…. en tout cas merci de ce retour ça c’est du positif !!!

  • Répondre La Couture Rose 30 juin 2016 à 17 h 55 min

    Je la trouve très chouette malgré ce que tu dis, pas d’effet gros cul, ça ne me choque pas du tout ! (mais je comprends, je suis pareil quand c’est pour moi ;b). Moi je louche sur la salopette du Burda de juillet, a voir si je l’achète ou pas…

  • Répondre Pascale 30 juin 2016 à 15 h 58 min

    C’est un billet en effet très instructif
    On fait toutes des erreurs quant au choix des patrons mais le plantage à 69 € ça fait mal au coeur
    D’un point de vue purement personnel et ça n’engage que moi, la salopette c’est sympa quand on taille du 34 – 36, sans poitrine, sans taille marquée, sans hanches et sans fessier développé, bref pour des personnes plates et sans forme, ce qui n’est pas du tout mon cas (38-42-40)
    moi, une salopette j’en ai porté quand j’étais enceinte, on est super à l’aise, c’est évolutif pour caser un ventre qui s’arrondit mais franchement je trouve que c’est le vêtement anti féminité
    Quand on a des formes (et c’est un avantage pour une femme!) il faut mettre ses atouts en valeur et la salopette, c’est juste pas possible !!!!
    Merci pour tous tes articles qui sont toujours très positifs, drôles et que j’aime bcp lire
    A bientôt
    Pascale

  • Répondre La Miss Kikou 30 juin 2016 à 13 h 58 min

    Merci pour cet article très complet et intéressant. J’ai aussi ce patron dans mes prochains mais maintenant ça me fait réfléchir notamment d’un point de vue morphologie….
    Ah oui, il y a encore une autre salopette à tester: celle du dernier burda 🙂

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